Karl Petzke

KPP.01 – copie
Karl Petzke

de Karl Petzke (Etats-Unis)

This new work finds its subjects showing their vulnerability in subtle mannerisms and their relationship between the environment and the observer.

Karl Petzke lives and works from his studio in San Francisco, California. He received the James Beard Foundation award for his Haute Cuisine photography in 2007. Drawing from a chosen color pallet and a need to place imagery into a visual narrative context, new images today are related to past and present experiences. Realizing that vision has become a new passion in his work.


Portfolio du workshop L’Oeil Sensible avec Claudine Doury, Mars 2016.

Revue écrite par CORINE HAMEL,
Responsable service photo à Marie Claire, France

Bonjour Karl

Et merci de m’avoir choisie pour commenter la série de photos réalisées au cours du workshop de Claudine Doury.

Tout d’abord je tenais à saluer votre démarche telle que vous l’expliquez dans votre video de présentation.
Cette démarche qui consiste, après 20 ans de pratique professionnelle dans le domaine de la photographie commerciale, à toujours vous interroger, à participer à des workshops pour questionner votre pratique et déterminer vos choix personnels est intéressante et dénote une curiosité intacte.

C’est important dans la pratique du métier de photographe.
Je suis allée regarder votre site professionnel pour voir votre pratique « au quotidien » effectivement très éloignée du portfolio mis en ligne même si on sent, dans les deux cas, une grande maitrise technique.
Le portfolio que vous présentez sur le site montre que vous avez profitez pleinement des 4 journées passées avec Claudine Doury .

Vous avez choisi de présenter un travail avec une forte unité formelle donnée essentiellement par le travail de la lumière, le choix du décor (matières) le choix du sujet ,de nombreux portraits de femme seules à l’image cadrées en plan serré pour la plupart. La qualité de vos lumières avec notamment un beau travail sur la pénombre, les tons chauds, l’harmonie voulue dans les couleurs, l’unité des chromies sont incontestables. Du point de vue technique le travail est abouti et l’ambiance en faisant clairement référence aux portrais de la peinture flamande est bien rendue.
Partant de ce constat, ce qui est intéressant , c’est alors de comprendre pourquoi certaines images sont nettement plus fortes que d’autres.
Pourquoi certaines photos marchent et captent notre attention, nous transmettent une émotion quand d’autres nous laissent sur le pas de la porte ?

L’image n° 1 est selon moi l’une des plus aboutie de la série.
Au niveau représentatif , le choix du cadrage qui laisse apparaître une bande de lumière à l’extrême droite rend l’image transparente. On y pénètre par une ligne de lecture en biais qui part du bord inférieur gauche pour venir mourir sur le bord supérieur droit. La structure de l’image ainsi définit commence à l’intérieur du cadre et se prolonge vers le monde extérieur. Je me suis amusée à recadrer la photo pour supprimer l’entrebaillement lumineux de la porte à droite et nous ne sommes plus du tout dans la même histoire.
En regardant votre photo telle que vous avez choisi de nous la montrer, on capte le regard de la jeune femme dont seuls la main et le visage sont nets dans la photo, tout le reste partant au flou, autre choix technique qui participe à la réussite de la photo en concentrant notre attention sur ce regard.
Enfin le point de vue choisi, pertinent, proche du modèle, frontal, renforce cette sensation de moment suspendu.
Par les décisions formelles de choix du point de vue, de cadrage, de l’instant photographié et de la mise au point vous nous entrainer dans l’intimité de cette jeune femme. Et ça marche.

La seconde image que je retiens dans cette série est la n° 5 car elle participe de la même histoire en nous donnant à voir un instant de fragilité et de doute chez la jeune femme. Dans cette photo c’est le regard, tourné vers l’extérieur du cadre, qui nous entraine dans l’univers intime de la personne.

Le choix de la matière du fauteuil, le stylisme chemisier/gilet, la pause demandée et bien sûr la lumière qui vient éclairer le visage et la main, seuls éléments « peau » de l’image participe à l’histoire. Tous les éléments qui constitue cette photo – qu’il s’agisse des choix propres à la technique photographique ou des éléments de style – concourent à l’ impression d ‘équilibre fragile qui se dégage de ce portrait.

L’image N° 3
Je comprends totalement l’intention d’un ton sur ton qui joue avec la couleur de peau de la jeune femme et de ce point de vue c’est une nouvelle fois réussi.
Par contre le choix de cadrage d’un personnage placé quasiment au centre de la photo dont l’arrière plan est coupé en deux par la différence de densité ne fonctionne pas.
Il me semble que l’image aurait été plus forte avec un personnage à l’extrême bord gauche du cadre, sur ce fond dense qui se confond avec la robe en laissant courir sur la droite le fond brun cognac plus clair.
Le regard de la jeune femme aurait alors pris tout son sens.

Les photos 7,8 et 11 présentent la même jeune femme.
Aucune ne fonctionne selon moi. Les 3 images présentent le même défaut : notre regard s’arrête au premier plan , sans jamais pénétrer dans l’image, les photos sont opaques. Ça pourrait être une intention mais compte tenu du sujet, le portrait, et des lumières choisies, ça ne marche pas.

Sur l’image n° 7 on manque de profondeur de champs, de rapport de plans entre les différents éléments de l’image et du coup les fauteuils, la jeune femme semblent collés sur le fond, comme repoussés par l’objectif de l’appareil.
L’ajout d’un second fauteuil sur la droite, sur le même plan que la jeune femme ne règle pas le problème.

L’image ne trouve pas son rythme du fait de ce problème de rapport de plans.
Pourtant l’attention portée au choix du fauteuil, pour sa matière, sa couleur est intéressant.
La pause du modèle, qui semble naturelle, aussi. La jambe repliée sur l’assise du fauteuil, la main posée sur la jambe sont là pour casser la masse trop sombre du pantalon.

L’image n° 8 présente le même défaut dans la composition que l’image n° 3. Personnage centré dans le cadre avec un arrière-plan coupé en deux au centre également. Du coup toute la partie droite du visage et du corps sont dans l’ombre. C’est particulièrement génant sur le visage dont l’œil n’apparaît pas même si un très léger triangle de lumière vient souligner beaucoup trop discrètement la joue.

Vous demandez un regard caméra sans le mettre en valeur. L’image perd de sons sens. De plus la pause de la jeune femme semble inconfortable et manque de naturel.

Sur l’image n° 11 , vous auriez du remonter les colliers plus haut sur le cou et le décolleté, vous auriez ainsi éviter l’ombre portée du visage sur le cou qui détache la tête du tronc et coupe le corps en 2 parties.

Les natures mortes N° 2 et N° 10 sont parfaitement réalisées . Elles sont là pour nous camper le décor en quelque sorte. Dans cette perspective, la vue n° 2 fonctionne. Par contre le gros plan de la vue n° 1° ne trouve pas sa place dans l’histoire.
Un plan plus large d’un fauteuil, la collier de la jeune femme laissé sur l’assise du fauteuil, par exemple, auraient fait travailler notre imaginaire et nous nous serions raconter l’histoire de cette jeune femme.

La matière seule du velours, même très bien rendue, n’est pas vraiment porteuse de sens dans votre série.

Pour conclure et reprendre mon introduction, je vous engage à poursuivre les workshops car c’est évident que vous en profitez pour vous questionnez et trouver votre propre direction.

A très bientôt j’espère pour une nouvelle série.

KPP.01 KPP.02 KPP.03 KPP.04 KPP.05 KPP.06 KPP.07 KPP.08


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