I continued working on my Auto-Project: « Can we eat now Mamma », which is a project about… me. I am searching for my roots, intrigued by (my own) ageing and often struggling to reunite motherhood and my own space and time in live. I visualise very simple ideas or events which I come across or better which come across me. I shoot what surrounds me, what comes from me (my kids) and what touches me. During the 4 days Michael gave me a sense of freedom to broaden my subject and my way of shooting; to just do and continue. Thanks for that Michael!
Can we eat now Mamma
de Godelieve Mols (Australie)
Godelieve Mols (Dutch by birth, based in Paris for 17 years, living in Australia since 5 years) has attended the Introspective Photography Workshop with Michael Ackerman. Admiring Michael’s work and always on the look for learning and exchanging ideas and thoughts with fellow photographers, I participated with great delight in the Introspective Photography Workshop.
Portfolio du workshop Photojournalisme avec Ed Kashi, Mars 2014.
Revue écrite par
MARTA DAHÓ,
Commissaire indépendante et professeur d’Histoire de la photographie
Chère Godelieve,
Il émane de ces quelques images de ton portfolio un don peu fréquent: la capacité de transmettre des choses très intimes et intangibles à travers l’image photographique. Que ce travail soit un instrument de connexion personnelle est une bonne chose et seulement toi peut savoir jusqu'où peut aller ce déroulement de connaissance entre l’image, ton corps et tes émotions. Je réaliserai ma revue en ayant à l’esprit une sortie possible de ton projet vers l'extérieur et au contact possible avec un «ailleurs» et les «autres» qui peuvent être touchés par tes images.
Je lis que ces images sont reliées à un projet initié depuis longtemps maintenant. Cela serait essentiel de voir le portfolio de ce travail dans son ensemble afin d’observer comment il évolue et comment s’articulent les différents moments qui le jalonnent.
Telles qu’elles se présentent ainsi que quelques autres que j’ai pu voir sur internet, j’ai le sentiment que dans ta façon de travailler les genres traditionnels ont une influence significative, peut être de façon excessive. Je m’explique: les intérieurs sont très intérieurs, la nature est seulement nature, les portraits sont très proches. Et peut être cela est bien ainsi; c’est toi qui décideras si, dans un développement futur de ce projet, cette formulation te convient ou si tu pourrais commencer à diluer les séparations entre intérieurs/extérieurs, portraits, paysages, objets qui ne se transforment pas en nature morte...
Le portrait n°5 me semble particulièrement beau et intense ainsi que les enfants dans la baignoire. En général, je crois que d’un point de vue technique, ce type de photographie (idem pour la n°4) pourraient être meilleures. C’est à dire, une meilleure maîtrise des températures de la lumière ou certains détails de la composition permettrait encore mieux à transmettre cette orbite d’émotions intimes que la précision du moment saisit. Les images de nature, particulièrement la n°6 me semblent très abouties en termes d’atmosphère.
Si nous observons les images dans leur ensemble, telle une séquence, les autoportraits dans le miroir me surprennent davantage. Ils me semblent un recours excessivement littéral pour parler de ta connaissance de toi même. Je crois que là, tu as un champ encore très grand à explorer et expérimenter.
Et bien que ton regard soit patient et la sensation qui émanent de tes photographies est sereine, cela serait intéressant d'incorporer ce versant très sauvage qui te connectes à la nature depuis un lieu très profond et intime.
En effet, cette viscéralité se ressent dans la dernière image bien que son approche et point de vue soient trop différents de l'énergie des images précédentes. C’est comme si cela était le début de quelque chose de différent, de plus théâtralisé. C’est peut être pour cela, en le voyant telle une séquence, la dent devient une présence un peu forcée et étrange, étrangère à l’ensemble. Cela serait nécessaire de voir comment s’articule la séquence et comment ton projet continue.
De façon générale, il me semble que ton sens de l’esthétique est très affiné. Il y a une sensibilité très sophistiquée qui est très suggestive, qui fait du bien à la rétine. Cela n’est jamais strident, ni spectaculaire. Bien qu’elles ne sont pas toujours bien abouties, il y a une recherche de beauté sans artifices qui est très puissante.
Pour cette raison, je t’inviterai, si tu ne les connais pas déjà, à te laisser inspirer par les lumières, les atmosphères de ces auteurs qui racontent avec leurs images (visuelles et verbales) : Rinko Kawauchi, Annelies Strba, Sarah Moon, Corinne Mercadier, Bertien van Manen (www.bertienvanmanen.nl), Laura Henno et, également, comme recommandation littéraire, Emily Dickinson.
Enfin, et bien que cela soit quelque chose de secondaire, je te suggèrerai un autre titre pour ton projet. Bien que la phrase “Can we eat now Mamma” puisse parfaitement symboliser pour toi cette réalité que tu souhaites unifier sans rupture, je crois qu’il est trop réducteur et surtout trop prosaïque en relation à la poétique de tes images.










