Barbara Siegel

Barbara Siegel  (France) a participé au workshop DOCUMENTAIRE avec Patrick Zachmann.
J'ai fait mes études dans la photographie à Vienne en Autriche, pas loin de ma ville natale Linz. A l'âge de 20 ans, je me suis installée à Paris, ou je travaille depuis 8 années en tant que photographe "stillife" dans le monde du luxe.

Les photographes que je suis en ce moment sont Roe Ethrige, Wolfgang Tillmans et Thomas Ruff. Le première sujet présenté est sur la vie quotidienne d'une petite ville en Louisiane qui s'appelle Lafayette. J'ai réalisé le sujet en 3 mois en 2012. Le deuxième sujet a été réalisé pendant le workshop. http://barbarasiegel.wordpress.com/

MARTINE RAVACHE
Iconographe indépendante, France 
Votre reportage en Amérique a le goût de l’Amérique. Vous y déployez de réelles qualités et peut-être plus que tout une réelle affinité avec le pays. Vous y croquez de vrais « personnages », les accordéonistes, les couples de musiciens, des cow–boys plus vrais que nature. Vous en traduisez les couleurs, une gamme chromatique clinquante, des contrastes acidulés, des matières brillantes qui n’appartiennent qu’à ce pays.

Vous traduisez encore ce goût, ce fétichisme du vernaculaire, des objets du quotidien, de la consommation quotidienne qui symbolisent si bien ce pays et qu’on reconnaît comme tels immédiatement. Vous traduisez parfaitement ce goût des éclairages artificiels et kitsch comme dans cette photo nocturne très réussie du garage aux accents fluos verts et violets. Je suis plutôt séduite.

J’oserai cependant quelques critiques. Ce goût de l’Amérique qu’on reconnaît si bien, flirte aussi avec les poncifs de l’Amérique, autrement dit l’ensemble traduit une vision de l’Amérique qui pourrait vite devenir conventionnelle ou déjà vue en d’autres termes. Ce qui échappe dans votre travail à une vision trop classique de l’Amérique, ce sont sans doute vos rencontres, vos portraits. Ils sont justes (bonne distance, bonne relation avec vos modèles et relations intéressantes de vos modèles entre eux) mais ils ne sont pas assez travaillés, pas assez mis en valeur peut-être comme le point fort de votre travail. Avez-vous conscience qu’il s’agit pourtant là de votre point fort ? Que le reste (le décor) pourrait n’intervenir que comme contrepoint seulement ? et dans ce cas, ces portraits devraient être davantage travaillés.

Vous photographiez les bonnes personnes dans des situations intéressantes mais les éclairages, les ombres sont terriblement approximatifs . la tonalité est souvent blême sans que cela paraisse volontaire. Vous devriez y retourner et continuer dans ce sens.

Ce sont les éclairages qui me paraissent le point faible, je le redis à la lumière (si je puis dire) de votre autre travail très rapide sur le SDF, là aussi il y a du clinquant, du brillant, un sur – éclairage mais le sujet le supporte mal et c’est manifestement mal venu si bien que le côté superficiel l’emporte . La dernière photo est pourtant assez intéressante en tant que nature morte mais une approche sans autre justification que esthétisante se justifie-t-elle ? si je repars sur votre travail sur l’Amérique, une dernière suggestion, il me fait penser au travail d’Alec Soth. Vous pourriez le regarder de plus près. Je suis sûre que vous y apprendriez beaucoup de choses, la concision , la rigueur et une façon de battre en brèche systématiquement les lieux communs sur l’Amérique tout en les représentant, ce qui donne toute sa qualité à son œuvre.

Juste encore un petit peu de travail, donc. Et si vous voulez présenter votre travail comme fini, il faut davantage le structurer de façon à ce qu’un véritable « sujet » se fasse jour ( autre qu’une pure accumulation d’anecdotes et qu’un empilement de détails ) , qu’ une « histoire » apparaisse et devienne une évidence pour le lecteur. Ce que je n’ai pas à la lecture de votre portfolio.


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